Prévenir, plutôt que guérir: une nécessité

Il y a quelques années, les chiffres de la mortalité en France m’ont interpellée. En moyenne, chaque année 150 000 personnes décèdent d’un cancer et pas très loin derrière, 140 000 hommes et femmes laisseront leur vie au cours d’une maladie cardio-vasculaire (pour être juste, il faut ajouter les 20 000 individus qui meurent de diabète). Ces chiffres sont stupéfiants si nous les comparons au décès total en France : 520 000. Si je résume simplement, 3 décès sur 5 sont attribués à seulement deux types de pathologies.

Je sais bien que tôt ou tard le cœur s’arrête…mais que penser de ces cancers qui nous cueillent de plus en plus tôt ? C’est un fait : aujourd’hui nous allons tous soigner les mêmes pathologies au même âge…

A trente ans, vous avez déjà consulté pour des problèmes de colite ou de ballonnements douloureux. La digestion devient difficile A quarante, vous êtes un peu constipé, un peu déprimé et vous vous sentez fatigué. Vous mettez vos petits ennuis sur le stress, les aléas du travail, de la vie de famille ou encore des relations avec le conjoint. Votre médecin vous donnera un fortifiant pour vous donner un coup de pouce, voire un léger anxiolytique.

Les années passant, vous avez pris du poids et peut-être essayé toutes les cures miracles. Rien n’y fait, inexorablement, vous épaississez de la taille : c’est l’âge dit-on.

A la cinquantaine, rien ne va plus, votre estomac vous brûle et il faut commencer à prendre des antiacides pour calmer la douleur. La constipation est de plus en plus installée et ce sont les laxatifs qui prennent le relais. Lors d’une analyse médicale de routine, votre médecin constate que la glycémie est un peu élevée et que le cholestérol sanguin a augmenté. C’est juste un peu inquiétant, mais vous n’êtes pas malade. Ce qui vous handicape, c’est plutôt les rhumes à répétition qui finissent inévitablement en bronchite et qui vont être soulagés parfois par les antibiotiques. Oui, décidément, vous êtes allergique : il y a parfois des éruptions cutanées qui vous démangent et seule la crème au cortisol vous soulage.

Entre soixante et soixante-dix ans, les choses se précisent : vos articulations commencent à être douloureuses, vous êtes essoufflés au moindre effort et vous avez encore pris du poids.

C’est ainsi, la vieillesse n’apporte pas la santé. D’ailleurs, c’est confirmé, vos os vieillissent aussi et peut-être que tôt ou tard, il faudra refaire la hanche. En attendant, vous reprenez espoir : l’opération de la cataracte est réussie, vous y voyez mieux et le nouveau médicament qui vous est prescrit a eu raison de vos insomnies.

Au fond, ça ne va pas si mal, à 80 ans, vous êtes vivant et vous vous estimez heureux d’avoir échappé au cancer qui a déjà frappé nombre de vos connaissances…Tout de même, vous marchez de plus en plus mal et redoutez de finir impotent. Votre vie sociale tourne au ralenti, d’autant plus que les muscles des sphincters sont abîmés et que l’incontinence vous handicape…Votre problème digestif ne s’est jamais amélioré et vous vous demandez si les huit médicaments que vous avalez consciencieusement tous les jours vont résoudre ce problème. L’ablation de la vésicule biliaire vous a soulagée, mais n’a pas modifié les aigreurs à l’estomac. De fait, il vous faut bien supprimer certains aliments que vous aimez.

Lorsque nous observons ces pathologies à l’échelle mondiale, nous constatons qu’elles suivent les progrès de la civilisation. Au fur et à mesure que le niveau de vie d’un pays augmente, les fléaux se manifestent. Force est de constater que nous ne pouvons plus nous réfugier seulement vers la fatalité : l’hérédité a bon dos !

Aujourd’hui le monde scientifique explique peu à peu que beaucoup de maladies sont reliées à une cause première qui va déclencher d’autres facteurs. Cela voudrait dire que huit maladies sur dix pourraient être évitées, ou atténués ou encore repoussées vers le vieil âge ?

Sans doute sommes-nous loin de connaître la totalité des phénomènes, mais nous commençons à comprendre ce que chacun peut faire pour éviter d’accélérer la spirale infernale. Il n’est jamais trop tard pour commencer, mais plus les précautions sont prises tôt, moins le corps s’abîme.

Parfois, je croise des personnes stupéfaites de ne pas guérir dès la première pilule venue ! Nous ne guérissons pas de la plupart des pathologies qui viennent se mettre en travers de notre vie. Au mieux, nous réussissons, grâce au progrès de la chirurgie et de la médecine à faire disparaître le handicap ou la douleur qu’elles entraînent au prix de quelques « sacrifices » et précautions.

Donc, si je résume simplement : notre santé est en premier lieu entre nos mains. Rappelons Hyppocrate pour ceux qui ne connaîtrait pas cet adage : De l’alimentation tu feras ta première médecine. J’ajouterai l’activité physique dans le caddy de la santé, car n’oublions pas que notre civilisation génère des individus aux activités sédentaires.                                                                                                                                                              Jocelyne Dubroca Guerin

 

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