Comment faire manger des légumes aux enfants « récalcitrants » ??!!

legumeScène classique à table : vous apportez plein d’espoir un grand plat de légumes que vous avez pris soin de camoufler sous la béchamel, le gruyère…et les encouragements et …votre enfant ne veut pas goûter de ce succulent repas !
Question qui m’est posée par les professionnels et les parents le plus souvent : comment s’y prendre pour faire manger des légumes aux enfants qui n’aiment pas ça ?

Je vais partager ici quelques connaissances et expérimentations professionnelles…

Les humains ne sont jamais prêts à mettre dans leur ventre un aliment qu’ils n’identifient pas. Les enfants encore moins que les adultes : plus ils sont petits, moins ils ont d’éléments de comparaison.
Quand un adulte est amené à manger un fruit exotique qu’il ne connaît pas, il va essayer de le comparer : « ça ressemble à… »
Les enfants vont utiliser leurs 5 sens (et en particulier le toucher) pour vérifier que ce qui se présente dans l’assiette est comestible ! Laissez-les donc manger un temps avec les doigts. Plus tard, ils voudront manger comme les grands avec le couteau et la fourchette.
Tout petit quand il vous dit « j’aime pas » et que vous vous énervez parce qu’il n’a encore jamais goûté les splendides brocolis qui sont à table, comprenez : « je ne connais pas »…
Ne criez pas, ne forcez pas, évitez les menaces ou les « pour me faire plaisir »…C’est pire !
Les enfants sont futés, ils sentent bien qu’il y a un problème avec les légumes. Les parents sont gentils : ils voudraient bien que leurs enfants mangent les légumes qu’eux-mêmes ont du mal à avaler…
Donc, si Papa mange les pâtes en douce et que Maman se force à grignoter les haricots verts parce que « 5 fruits et légumes par jour »… c’est mal parti !

Nous construisons nos goûts de manière lente. Notre mémoire alimentaire a besoin de satisfaire le palais autant que l’âme. Ainsi une émotion négative associée à l’introduction des épinards va vous faire détester ce chénopodiacée pendant longtemps, voir définitivement. Qui d’entres vous ne se souvient pas avoir été forcé de finir son assiette hautement inquiétante ?

Vous l’aurez compris, à éviter à tout prix : forcer un enfant à ingurgiter un aliment. C’est violent. Si vous n’êtes pas convaincu, voici une anecdote que je raconte souvent aux stagiaires que j’accompagne.

Il y a quelques années au cours d’une mission en Guyanne, j’ai été faire une promenade de « santé » en pleine forêt amazonienne, accompagnée d’un guide bien autochtone. Au bout de quelques temps, il s’arrête et nous désigne des sortes d’amandes au pied d’un arbre.

Voulons-nous y goûter ? « Oui, oui » répond le groupe en cœur. Il ouvre l’amande et… ce n’est pas un fruit qu’il y a à déguster, mais un gros vers blanc, gras et vivant.
Et hop, il le gobe !… Déjà il y avait beaucoup moins de candidats à la dégustation. J’avais jugé que cet aliment là n’était pas rangé dans ma « boîte des comestibles » et que je n’étais pas dans une émission de téléréalité. Rien à gagner…J’ai donc pu décider en toute liberté de ne pas y goûter.
Souvenez-vous que lorsque vous obligez un petit à mettre dans sa bouche un aliment dont il se méfie, c’est aussi écœurant que d’être obligé à avaler un insecte quand nous n’y sommes pas prêts. Les enfants peuvent en vomir tant c’est violent.

La structure du répertoire alimentaire se construit avant 2 ans, patiemment, mais nos goûts évoluent toute notre vie. La plupart des aliments devront être goûtés une bonne dizaine de fois avant d’être mémorisés à cet âge.
Créez du contact avec l’aliment : faites le marché avec vos enfants même petits, faites-leurs couper les légumes, pousser les radis, cuisinez avec vous…
Après 2 ans : tous les petits humains développent, à cet âge, une phobie pour tout ce qui est nouveau (les spécialistes la nomment néophobie). Ils s’accrochent à tout ce qu’ils connaissent déjà car l’apprentissage de nouvelles règles à cet âge là peut être stressant. Ils aimaient les épinards, ils ne veulent plus y goûter ! Favorisez le ludique, la convivialité et surtout lâchez-prise…

N’oubliez pas que plus vous êtes angoissés parce que votre enfant ne mange pas, plus il le comprend d’instinct et va se servir de ce levier pour communiquer avec vous (d’autant plus qu’il est petit). Le remède est le lâcher-prise : dites lui simplement que vous voyez qu’il a un problème avec la nourriture et laisser-le se servir.
Lâchez réellement dans votre tête. Ce conseil a souvent aidé des enfants et des adultes à sortir d’un cercle vicieux.
Un enfant est capable de se servir à parti de l’âge de 2 ans.
Rendez-lui son assiette : chaque fois que vous créez un espace de choix dans son alimentation, vous lui permettez de grandir.

Vous avez tout essayé…alors laissez tomber. Nos goûts changent et adulte nous pouvons nous prendre en charge et choisir de laisser tomber l’alimentation « juvénile ».
Vos enfants se prendront en main un jour… ou pas !

Nous sommes des êtres soupçonneux quand d’autres veulent décider à notre place et en matière d’alimentation nous touchons l’intouchable. Certains enfants ont été très difficiles petits, puis une fois autonomes, ils se mettent à être curieux de nouveaux aliments.
Faisons leur confiance…réellement, sans faire semblant.
La prochaine fois je vous écris quelques mots sur ce que j’appelle l’alimentation « juvénile »…

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